Exposition temporaire « Au Fil du bois »

4 octobre 2025 – 7 juin 2026

Porte Saint-Michel, Château-Musée de Guérande

Une histoire singulière pour un territoire qui en est dépourvu

Apprécié tout au long de l’histoire pour sa durabilité, sa praticité ou sa disponibilité, le bois en tant que matériau a traversé les siècles. Apprécié pour son rendu esthétique et chaleureux, il se plie à de multiples usages. Débité, scié, assemblé, il sert à bâtir des maisons, meubler ou chauffer leurs intérieurs. Percé, tourné, sculpté, il se transforme en outils, objets du quotidien ou œuvres d’art. Si, aujourd’hui, une multitude de matériaux offre des alternatives à son usage, il est jusqu’au début du 20e siècle un matériau indispensable et incontournable.

Pour autant, le bois est rare sur la presqu’île guérandaise en l’absence de massif forestier. Au 19e et au 20e siècles, s’y développe alors une véritable économie du bois fondée sur l’importation, la transformation et les savoir-faire. Du panier à la charrette, du rail à la scierie, c’est toute un négoce qui s’organise autour d’un matériau en mouvement.

Le négoce du bois comme pilier de l’économie locale

À la fin du 19ᵉ siècle, les marchands de bois, comme les maisons LORIN et CHELET deviennent des figures centrales de l’économie. Fondée par Charles CHELET en 1875, la maison CHELET approvisionnent depuis 150 ans les artisans de la presqu’île. L’intégration d’une scierie à l’entreprise à partir de 1895, permet la transformation sur place des grumes en planches et poutres prêtes à l’emploi.

Une tradition de l’artisanat du bois

On aurait pu croire que l’absence de la ressource bois et les coûts générés pour s’en approvisionner, limitent la production artisanale locale. Or les savoir-faire du bois ont longtemps circulé dans les ateliers, les familles et les métiers guérandais. Tourner, sculpter, assembler, réparer : autant de gestes précis, appris et transmis, souvent sur plusieurs générations.

Actif depuis 1855 au cœur de Guérande, l’atelier CHÉDEMOIS perpétue depuis cinq générations le métier de chaisier-tourneur. Le tour à bois permet d’usiner avec précision pieds, barreaux ou accotoirs à l’aide d’outils comme le ciseau, la gouge ou le bédane.

Ébéniste à Guérande de 1931 à 1976, Albert Monnier est reconnu pour la qualité de ses reproductions de meubles anciens. Il est invité à représenter la Bretagne à l’Exposition universelle de Paris en 1937 où il présente un buffet bas alliant tradition et modernité.

Créée à Guérande en 1952 par le photographe Édouard Bourgueil (1909-2003), l’entreprise Vogu’enmer conçoit jusqu’en 1970, des voiliers de bassin pour les jeux de plein air. Assemblés à la main, ces jouets en bois sont produits en série courte, dans un esprit artisanal adapté à l’essor du marché des loisirs.